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Le code humaniste de Ghibli : des écrans à la vraie vie, ces leçons qui guérissent l’âme

Lin Xiru·Chroniqueuse en perspectives humanistes
23 min de lecture
18 novembre 2025
GhibliHumanismeCroissanceDurabilitéGuérison
Le code humaniste de Ghibli : des écrans à la vraie vie, ces leçons qui guérissent l’âme

1. Récits anti-héros : la puissance de l’ordinaire

Ghibli ne glorifie pas les surdoués, mais les gens qui trébuchent puis se relèvent. Kiki, dans « Kiki la petite sorcière », n’est qu’une adolescente qui s’installe seule pour la première fois. Elle passe de l’euphorie à la panne de magie, puis se reconstruit grâce à son entourage. Ce schéma reflète l’entrée dans la vie adulte : enthousiasme, chute, réconciliation avec soi-même. Ghibli légitime la vulnérabilité – reconnaître ses limites ouvre la porte de la croissance.

Shizuku, héroïne de « Si tu tends l’oreille », est tout aussi ordinaire : elle écrit pour rejoindre le garçon qu’elle admire et s’effondre lorsque son roman ne tient pas. Ce désir d’aller plus loin, mêlé au sentiment d’impuissance, parle à toute personne en quête de sens. Les histoires ghibliennes rappellent que la grandeur réside dans la persévérance malgré le doute.

2. Nature et technologie : avertissements écologiques pour le présent

Bien avant la vogue du mot “durable”, Ghibli questionnait notre rapport à l’environnement. Dans « Nausicaä », la redoutée Mer de la Décomposition s’avère être le système immunitaire de la Terre. L’héroïne choisit la coexistence plutôt que l’anéantissement – un appel à quitter la logique de conquête pour celle du partenariat. « Princesse Mononoké » montre comment la frénésie industrielle blesse le vivant… et les humains. Pas de victoire nette, mais une paix cicatrisée : la véritable écologie est un exercice d’équilibre patient, mêlant technologie, éthique et responsabilité.

Concrètement, pour les citadins, la durabilité se joue dans la routine : réduire les usages jetables, privilégier les circuits circulaires, s’impliquer dans la végétalisation du quartier. Autant de gestes qui prolongent les expérimentations de Nausicaä ou la médiation d’Ashitaka.

3. Temps & mémoire : la nostalgie comme remède

« Souvenirs goutte à goutte » alterne présent adulte et réminiscences sensorielles : la première tranche d’ananas, les disputes avec la sœur, l’émerveillement pour la campagne. Rien de spectaculaire, mais une invitation à se réconcilier avec ce qui nous a construits. Guérir, c’est accepter d’écouter ses souvenirs plutôt que les fuir.

Le Japon rural de « Mon voisin Totoro » incarne aujourd’hui un idéal de lenteur : enfants courant dans les rizières, odeur du dîner au crépuscule. Ghibli nous invite à réorienter l’attention vers nos sens – une brise, la pluie sur le toit, un repas chaud. La nostalgie devient un outil pour recréer du lien affectif au milieu du rythme effréné.

4. Comment appliquer la sagesse Ghibli – notamment quand on vit à l’étranger

1. Adopter le “regard Ghibli” : notez chaque jour trois petites joies (lumière du matin, fleur sur le trottoir, message inattendu) et constituez votre « carnet Totoro » ; votre niveau de bien-être de base grimpera. 2. Activer le “mode protagoniste” : face à un licenciement, un déménagement ou une rupture, demandez-vous ce que ferait Kiki ou comment Chihiro protégerait son nom. Se glisser dans leurs pas aide à rester courageux sans perdre sa douceur. 3. Pratiquer la “durabilité à la Ghibli” : gourde réutilisable, emballages recyclables, participation à des plantations locales… Autant de mini-actes qui prolongent les expériences de Nausicaä dans la Mer de la Décomposition.

5. FAQ sur l’esprit humaniste de Ghibli

Q1 : Pourquoi les films Ghibli parlent-ils à toutes les cultures ? Ils explorent des émotions universelles – quête d’identité, peur de la solitude, besoin d’être aimé. Pas besoin de partager la langue pour ressentir ces dilemmes. Q2 : Les adultes les trouvent-ils trop enfantins ? Non. Sous l’esthétique tendre se cachent des débats sur la guerre (« Le Château ambulant »), l’éthique technologique (« Le Vent se lève ») ou l’identité (« Chihiro »). Chaque tranche de vie révèle de nouvelles strates. Q3 : Peuvent-ils servir à l’éducation des enfants ? Absolument. La narration transmet les valeurs sans moralisme : « Totoro » nourrit l’amour de la nature, « Kiki » encourage l’autonomie, « Chihiro » insiste sur la fidélité à soi. Discuter après la séance ancre le message. Q4 : D’autres réalisateurs que Miyazaki partagent-ils cette approche ? Oui. Isao Takahata signe « Le Tombeau des lucioles » et « Souvenirs goutte à goutte » ; Hiromasa Yonebayashi (« Arrietty ») ou d’autres cinéastes apportent leurs nuances. L’humanisme est la marque du studio, pas d’un seul auteur.

6. Conclusion & appel à action

Les films Ghibli sont des miroirs qui reflètent nos envies de grandir, de nous relier, de nous souvenir et d’aimer – et ils donnent des pistes d’action : honorer l’ordinaire, respecter le vivant, chérir le passé, faire vivre l’espérance. Quelle réplique Ghibli vous a porté·e ? Quel personnage vous a accompagné·e dans une période sombre ? Partagez votre histoire et dites-nous quel film analyser ensuite. Suivez-nous pour davantage de plongées humanistes : la chaleur de l’écran peut continuer d’illuminer votre quotidien.

Lin Xiru

Chroniqueuse en perspectives humanistes

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